Forum

11 juillet 2019

Intelligences culturelles

Percevoir, interpréter, connaître, inventer

Organisé par l’ANR, le Festival d’Avignon et le CNRS, dans le cadre de ses 80 ans

Si l’intelligence artificielle a la puissance du calcul et de la modélisation, l’intelligence culturelle a la force du sensible, de l’imaginaire, du jugement et du collectif.

Ce Forum a réuni des chercheurs, des artistes, des représentants culturels, des grands témoins et le public qui ont échangé autour du rôle de la culture et de la création dans les apprentissages fondamentaux et dans le développement des sociétés.
Par l’analyse, l’observation, l’expérimentation, la démarche scientifique ne cesse de repousser les frontières des connaissances et les arts, la fiction, le spectacle vivant ne cessent de nourrir notre expérience du monde. La recherche scientifique et la création ont en partage d’inventer de nouveaux espaces de savoirs et de nouveaux regards sur le monde.

Ouverture

La culture, moteur de l’évolution

Les travaux scientifiques les plus récents montrent combien l’évolution humaine est indissociable de la culture, combien la pensée symbolique est inséparable du développement cognitif, de la capacité à produire des savoirs et à les transmettre, à inventer des techniques et des formes d’organisations sociales.

Avec la participation de : Jacques Jaubert, professeur de préhistoire, Université de Bordeaux – PACEA (De la Préhistoire à l’Actuel : Culture, Environnement et Anthropologie) – UMR 5199

Recherche et culture en perspective

La réflexivité est constitutive de l’humanité : elle renvoie au caractère essentiel des systèmes conceptuels, émotionnels, éthiques et symboliques qui aident l’homme à se définir, à se représenter le monde et les sociétés à construire leurs valeurs.
Les artistes et les chercheurs ont en commun de produire des représentations du monde et de le réinventer.

Avec la participation de : Jean-Pierre Bourguignon, président de l’European research Council (ERC) ; Thierry Damerval, président directeur général de l’ANR ; Antoine Petit, président directeur général du CNRS et Olivier Py, directeur du Festival d’Avignon


Perception, émotion, langage, cognition : les apprentissages au prisme de la culture

Les émotions « semblent exister hors du temps. Rien de plus historique pourtant ». La colère, la pitié, la tristesse, la joie, les sentiments changent de nuances et d’objets avec l’époque. L’émotion comme la perception est le fruit d’apprentissages culturels.
Musique et langage se déroulent dans le temps et reposent sur un système de règles (relevant de la syntaxe ou de l’harmonie). Comment la musique contribue-t-elle au développement cognitif, favorise-t-elle l’attention, l’apprentissage de la lecture ou une meilleure appréhension du temps ?
En montrant que les actions d’autrui – observées, décrites ou imaginées – suscitent des processus mentaux similaires à ceux mis en jeu par nos propres actions, les travaux en psychologie expérimentale sur la cognition incarnée contribuent à éclairer les effets du spectacle vivant, de la lecture de la fiction sur le lecteur ou le spectateur. Ces résultats rejoignent les expériences des auteurs, des metteurs en scène, des comédiens et des danseurs, des spectateurs et des lecteurs tout autant que les études littéraires ou théâtrales sur le rôle du style, de la syntaxe, du jeu des comédiens ou de la présence sur le plateau dans l’effet produit sur autrui.

Avec la participation de : Mathilde Michel, directrice du projet de Philharmonie des enfants ; Tatjana A. Nazir, directrice de recherche, psychologie cognitive, Institut pour les sciences cognitives, CNRS-Université Lyon 1 (coordinatrice du projet ANR, Cog-HuLiCE) ; Bénédicte Poulin-Charronnat, chargée de recherche CNRS, psychologie cognitive, université de Bourgogne ; Pascal Rambert, auteur et metteur en scène ; Georges Vigarello, historien, directeur d’études à l’EHESS

Animation : Laurent Goumarre, journaliste

Se représenter le monde et le réinventer

La perception et le langage nous aident à construire des représentations du monde. Les arts, la fiction et les récits participent de ce besoin essentiel de l’espèce humaine de donner un sens au monde qui l’entoure. La confrontation entre différentes cultures fait apparaître aussi bien les spécificités que les invariants des articulations entre société, nature et représentations.

Animation : Patrick Boucheron, historien, professeur au Collège de France, titulaire de la Chaire histoire des pouvoirs en Europe occidentale 13e – 16e siècles

Avec la participation de : Souleymane Bachir Diagne, professeur, directeur du Département de français et philologie romane, Columbia University ; Barbara Glowczewski, directrice de recherche, CNRS, anthropologie, responsable de l’équipe Anthropologie de la perception, Laboratoire d’anthropologie sociale, CNRS/EHESS/Collège de France (médaille d’argent du CNRS en 2018) ; Keti Irubetagoyena, directrice artistique Théâtre Variable n°2, Chargée de mission recherche – Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique, Paris ; Kevin Keiss, auteur, professeur associé à l’Université de Bordeaux ; Jean-Marie Schaeffer, directeur d’études, EHESS, Centre de recherches sur les arts et le langage ; Alfredo Vega-Cardenas, directeur de l’Ecole supérieure d’Art d’Avignon


Du rôle de la culture pour des sociétés réflexives

En faisant coexister des points de vue hétérogènes, le théâtre offre depuis l’antiquité, un modèle d’interprétation pluriel des situations, des affects, des évènements comme des rapports de pouvoirs. Dès le XVIe siècle, le roman a accompagné une réflexion sur les formes de gouvernement et la vie collective. L’exploration par la fiction de sociétés démocratiques et égalitaires a anticipé l’expérience révolutionnaire.
En suscitant une diversification des formes de création, de transmission, de diffusion et de réception, la culture médiatique et les nouveaux médias numériques recadrent cette question de la contribution de la culture à la réflexivité des sociétés. Logiques esthétiques, statut de l’artiste, formes de légitimation, manières de vivre la culture, fonctions sociales et politiques… sont autant de questions en renouvellement !

Animation : Emmanuel Laurentin, producteur de La Fabrique de l’histoire, France culture

Avec la participation de : Pierre-Jean Benghozi, directeur de recherche CNRS, professeur à l’Ecole polytechnique et l’Université de Genève (membre du projet ANR IMPACT) ; Romaric Daurier, directeur général, le Phénix, scène nationale Valenciennes, pôle européen création, trésorier du Syndeac ; Stéphane Fievet, directeur de la culture Paris2024 (JO) ; Matthieu Letourneux, professeur, littérature, Université Paris Nanterre ; Antoine Lilti, directeur d’études EHESS ; Paul Rondin, directeur délégué Festival d‘Avignon

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